L’article en bref
Le BEESAN, ancien diplôme incontournable des maîtres-nageurs sauveteurs, a cédé place au BPJEPS AAN depuis 2013.
- Un diplôme historique : le BEESAN a formé des générations de professionnels de la natation et du sauvetage aquatique
- Conditions exigeantes : 310 heures minimum de formation avec épreuves techniques et pédagogiques rigoureuses
- Recyclage obligatoire : tous les 5 ans via le CAEPMNS pour maintenir la validité du diplôme
- Transition vers le BPJEPS AAN : même missions, formation modernisée en 10 à 12 mois en alternance
- Débouchés importants : 12 000 postes saisonniers et 5 000 permanents à pourvoir annuellement
Près de 20 000 maîtres-nageurs sauveteurs exercent aujourd’hui en France, et pourtant le métier peine à recruter. D’après une enquête menée en 2022, 10 % des postes de surveillants saisonniers sont restés vacants l’été 2021. Derrière ce chiffre, une réalité que je connais bien pour fréquenter les parcs aquatiques au quotidien : sans MNS, pas de toboggan, pas de bassin à vagues, pas d’activité. Et à la croisée de cette profession, il y a un diplôme que tout le monde cite encore… le BEESAN.
Le BEESAN : l’ancien diplôme immanquable du maître nageur sauveteur
Le BEESAN, pour Brevet d’État d’Éducateur Sportif aux Activités de la Natation, a longtemps été LE diplôme unique de la profession. Pendant des décennies, impossible de surveiller un bassin ou d’enseigner la natation sans lui. Sa réforme en 2013, avec le remplacement par le BPJEPS AAN, a marqué un tournant réel pour toute la filière aquatique.
Depuis le 1er janvier 2013, le BEESAN n’est officiellement plus délivré. Par contre, une grande partie des professionnels en activité en sont encore titulaires. Et leur diplôme reste pleinement valide : ils peuvent surveiller toutes les baignades, enseigner la natation à tous les publics, et même encadrer des compétiteurs. Rien ne change pour eux dans leurs missions quotidiennes.
Quand on me demande ce qu’est un maître nageur BEESAN, je réponds simplement : c’est un professionnel formé selon l’ancien référentiel, dont la légitimité est totale sur le terrain. Dans un aquapark, ce sont souvent eux les plus expérimentés du poste.
Les conditions d’entrée en formation
Pour accéder à la formation BEESAN, il fallait être majeur, présenter un certificat médical, et se préparer auprès d’un organisme agréé. Le test d’entrée imposait de nager un 200 mètres 4 nages en moins de 4’07 pour les hommes, 4’22 pour les femmes. Une épreuve de sauvetage complétait ce premier filtre. Pas de cadeau : dès le départ, le niveau était exigé.
Une préformation de 70 heures suivait, conclue par un examen comprenant une épreuve écrite, une épreuve orale et quatre épreuves pratiques (400 mètres crawl, water polo, natation synchronisée et plongée). C’est dense, mais logique pour un métier où la moindre inattention peut coûter une vie.
Le déroulement de la formation principale
La formation première représentait au minimum 310 heures, réparties en quatre modules : perfectionnement technique, enseignement, entraînement dans une option spécifique (nage avec palmes, natation sportive, natation synchronisée, plongeon ou water polo), et connaissance du milieu professionnel.
L’examen final se découpait en trois parties : des épreuves techniques dont un 800 mètres palmes et une mise en situation de sauvetage, des séquences pédagogiques avec jury, et des épreuves écrites. Complet, exigeant, et taillé pour former des professionnels fiables.
Le coût total de la formation s’élevait à environ 2 300 euros, avec des prises en charge possibles via le Conseil Régional, le ministère des Sports ou Pôle Emploi.
Le recyclage obligatoire : le CAEPMNS
Un détail que beaucoup ignorent : les titulaires du BEESAN devaient recycler leur diplôme tous les 5 ans, via le CAEPMNS (Certificat d’Aptitude à l’Exercice de la Profession de Maître-Nageur Sauveteur). Sans ce recyclage, impossible d’exercer légalement. Le PSE1, la formation de secourisme, était lui renouvelé chaque année. Dans un parc aquatique où les incidents peuvent survenir à tout moment, ces mises à jour régulières sont absolument essentielles.
Du BEESAN au BPJEPS AAN : missions, débouchés et perspectives d’emploi
Que le diplôme s’appelle BEESAN ou BPJEPS AAN, les missions du maître-nageur sauveteur restent les mêmes. Surveiller les baigneurs, intervenir en cas de détresse, enseigner la natation, encadrer l’aquagym ou l’aquabike, et contrôler régulièrement la qualité de l’eau. Un rôle exhaustif, qui demande autant de vigilance que de pédagogie.
Le BPJEPS AAN, diplôme d’État de niveau 4 délivré par le ministère des Sports, remplace donc le BEESAN depuis 2013. La formation dure 10 à 12 mois en alternance, avec 1 à 2 jours par semaine en centre de formation et 3 à 4 jours en structure d’accueil. Elle s’articule autour de 4 Unités Capitalisables, et coûte entre 5 000 et 8 000 euros, finançable via le CPF, Pôle Emploi ou des dispositifs régionaux.
Qualités indispensables pour exercer le métier
J’ai croisé des dizaines de MNS dans ma carrière, et les meilleurs partagent tous les mêmes traits :
- Une excellente condition physique et des réflexes rapides
- Du sang-froid et une réactivité sans faille face à l’urgence
- Un sens aigu de la pédagogie et une vraie patience avec tous les publics
- La fermeté pour faire respecter les règles de sécurité, même face à des adultes récalcitrants
Les débouchés professionnels
Chaque année, environ 1 100 éducateurs sportifs obtiennent le titre de maître-nageur sauveteur. La demande est forte : au printemps, ce sont près de 12 000 postes saisonniers qui s’ouvrent dans les campings, hôtels, plages et parcs aquatiques. Hors saison, environ 5 000 postes permanents restent à pourvoir.
Le 10 février 2023, les EGESFA (États Généraux de l’Encadrement et de la Surveillance de la Filière Aquatique) se sont tenus, et la ministre Amélie Oudéa-Castéra a annoncé une campagne nationale pour valoriser le métier. Bonne nouvelle, car la pénurie est réelle.
Rémunération et évolution de carrière
La rémunération varie selon le statut et les responsabilités.
| Statut | Rémunération mensuelle |
|---|---|
| Surveillance estivale (SMIC) | environ 1 550 € |
| CTAPS hors indemnités | 1 610 € à 2 240 € |
| ETAPS | 1 820 € à 3 740 € |
Pour évoluer, le DEJEPS spécialité perfectionnement sportif ouvre les portes de l’entraînement de compétition. Chef de bassin, directeur d’installations nautiques… les perspectives existent pour qui s’investit sur le long terme.
Sources : wiki aquaparc, wiki de la Dordogne