Grotte de Bara-Bahau : histoire et découverte

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Par Maxime

L’article en bref

La grotte de Bara-Bahau en Dordogne conserve des gravures magdaléniennes exceptionnelles vieilles de 15 000 ans.

  • Un trésor géologique : roche si tendre qu’elle se grave du doigt, strates colorées remarquables
  • 18 figures préhistoriques : chevaux, aurochs, rennes, bisons et signes énigmatiques gravés au silex
  • Dialogue intemporel : un artiste a complété une griffade d’ours des cavernes en main humaine
  • Découverte récente (1951) : authentifiée par l’abbé Henri Breuil, classée monument historique en 1961
  • Visite protégée : 35-45 minutes, accès réglementé, photos interdites pour préserver cette roche fragile

Perdue dans les collines boisées du Périgord noir, à 115 mètres d’altitude et à seulement 10 km des Eyzies-de-Tayac, la grotte de Bara-Bahau garde depuis 15 000 ans les secrets d’artistes magdaléniens. Classée monument historique en 1961, elle m’a toujours frappé par son ambiance distincte, à la fois brute et captivante. Ici, pas de stalactites spectaculaires comme on en voit dans d’autres cavités, mais quelque chose de plus rare : des gravures directement tracées dans une roche tendre comme du fromage blanc, selon la formule de l’abbé Henri Breuil lui-même. Laissez-moi vous emmener à sa découverte.

Qu’est-ce que la grotte de Bara-Bahau : définition et localisation

Un nom aux origines sonores

Le nom de cette cavité vient directement de l’occitan local. Il imite un son, une onomatopée évoquant « badaboum » ou « patatras ». Ce surnom poétique fait référence aux imposants blocs de calcaire effondrés du plafond, bien visibles dès l’entrée dans la première salle. C’est un détail qui me plaît : même le nom de cette grotte raconte une histoire géologique.

Située au Bugue, en Dordogne, dans la vallée de la Vézère, la grotte s’inscrit dans l’un des territoires les plus riches en patrimoine préhistorique d’Europe. Si vous planifiez un séjour dans la région, le guide que visiter en Périgord noir vous donnera une vision complète de ce que cette zone remarquable réserve aux visiteurs curieux.

Une géologie impressionnante

La grotte mesure environ 100 mètres de longueur pour 25 mètres de largeur maximale. Le plafond de la première salle culmine à 12 mètres, avant de redescendre autour de 6 mètres dans la galerie suivante. Le sol, chaotique, forme un cône d’éboulis qui mène vers une salle terminale surprenante.

La cavité a été creusée par l’érosion et le ruissellement à la fin de l’ère tertiaire. Les effondrements du plafond datent du Quaternaire. Ce qui frappe surtout, ce sont les strates marines colorées datant de l’ère secondaire : rouge, brun, ocre, blanc. Ces couches superposées de roche forment un réel peinture naturelle sur les parois. Et la roche principale, le mondmilch, est si tendre qu’elle se grave presque du bout du doigt.

Avant les hommes : le royaume de l’ours des cavernes

Il y a 50 000 ans, bien avant les artistes magdaléniens, des ours des cavernes habitaient cette grotte. Ils ont laissé des griffades sur les parois, contraints de griffer pour user leurs longues griffes non rétractiles et pour se repérer dans l’obscurité. Des ossements et des dents datant de l’époque moustérienne ont également été retrouvés sur place. Un détail troublant : l’un des artistes préhistoriques a complété une griffade d’ours pour en faire une main gravée. Il a dialogué, à 15 000 ans d’écart, avec un animal disparu. Je trouve cette connexion absolument vertigineuse.

La découverte et les études de la grotte ornée

Avril 1951 : une famille de spéléologues entre dans l’histoire

C’est en avril 1951 que le spéléologue Norbert Casteret, accompagné de son fils Raoul et de sa fille Maud, pénètre dans la cavité. Maud est la première à reconnaître les gravures sur les parois. Le 15 août 1951, l’abbé Henri Breuil vient les authentifier et déclare officiellement : « J’ai visité avec un grand intérêt la nouvelle grotte ornée de Bara-Bahau ; elle contient assurément des panneaux décorés d’une réelle importance pour l’histoire de l’art à ses premiers débuts. »

En 1955, l’abbé André Glory réalise une étude approfondie de la cavité. Plus tard, Brigitte et Gilles Delluc publient leurs propres analyses en 1997 et 1998 dans la revue Gallia-Préhistoire, affiner considérablement la compréhension des figures. Ces grottes préhistoriques en Dordogne forment un réseau de sites complémentaires, chacun apportant sa propre clé de lecture sur l’art paléolithique.

Les représentations du Magdalénien moyen

Les gravures datent d’environ 15 000 ans avant J.-C., période du Magdalénien moyen. Elles occupent une surface de 12 mètres de long sur 5 mètres de hauteur, réparties sur trois registres au fond de la cavité. On y dénombre 18 figures et signes au total, gravés avec une pointe de silex, parfois simplement avec les doigts.

Voici les animaux identifiés dans cet ensemble :

  • Chevaux (dont un grand cheval de 210 cm de large)
  • Ours (48 cm x 84 cm, évoquant un ours brun selon Brigitte et Gilles Delluc)
  • Renne (112 cm x 54 cm, rare dans l’art pariétal, comparable aux représentations de la grotte des Combarelles)
  • Aurochs (210 cm x 126 cm)
  • Bison
  • Bouquetins

On trouve aussi des signes énigmatiques : un grand signe quadrangulaire de 74 cm x 52 cm, une main gravée de 13,5 cm x 21 cm qui prolonge une ancienne griffade d’ours, et un phallus schématisé de 9 cm x 27 cm. Ce dernier rapproche Bara-Bahau d’autres sites comme Castel Merle à l’abri Castanet ou Laussel. Pour Leroi-Gourhan, un éclat de silex posé sur la tête de l’aurochs représente même son oreille.

Informations pratiques pour préparer votre visite

Conditions d’accès et durée

La propriété reste privée mais accueille le public. La visite dure entre 35 et 45 minutes, proposée en français et en anglais, pour des groupes comme des individuels. La réservation en ligne est fortement recommandée, surtout en haute saison.

Paramètre Détail
Durée de visite 35 à 45 minutes
Langues disponibles Français, anglais
Accessibilité Non accessible fauteuils roulants et poussettes
Animaux Interdits
Photos/vidéos Interdites à l’intérieur

Ce qu’il faut savoir avant d’y aller

Manger, boire, fumer, vapoter et toucher les parois sont strictement interdits à l’intérieur. Ces règles protègent une roche particulièrement fragile que la moindre humidité ou chaleur corporelle pourrait altérer. La cavité a d’ailleurs été couverte par France 3 Nouvelle Aquitaine dans son édition du 18 juillet 2019, preuve de l’intérêt régional constant pour ce site.

Si vous souhaitez prolonger votre exploration souterraine, sachez que le gouffre de Padirac, situé non loin, permet de vivre une expérience géologique d’une autre nature. Deux sites remarquables du patrimoine souterrain français, à combiner pour un week-end inoubliable en Périgord.

Sources externes : wiki aquaparc / wiki de la Dordogne

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